samedi 15 octobre 2011

France 19 - Angleterre 12

Ah je suis mort, mon coeur a souffert.
Mais bon sang que c'est bon !


Une réponse très collective du XV de France a toutes les interrogations de ces derniers jours. Je n'ai pas envie de nommer des joueurs car vraiment ils se sont tous donnés.
Techniquement pas parfaits, ils ont défendu avec un moral d'acier, attaqué avec fougue et n'ont rien lâché, dans un affrontement physique à la limite du supportable contre quinze seringues de stéroides vitaminées.
L'arbitre est bien tombé dans le panneau des tricheries anglaises deux ou trois fois, mais les joueurs étaient tellement morts de faim que les pénalités que les anglais nous ont volées étaient souvent dans leur camp, donc hors de portée de Wilkinson.



Que c'est beau le rugby comme ça. C'est MORAL
Et maintenant, il ne reste en compétition QUE des vrais équipes de rugby. Ce Week end est BEAU.

Coupe du monde : Galles 22 - Irlande 10

extraordinaire match des gallois qui battent l'irlande 22 à 10.
Les irlandais n'ont pas démérité, ont tout tenté.
Une merveille de tactique, de rigueur, de volonté et d'éclairs de génie.
Un très très très grand match. Enfin j'ai vu du rugby !

Belle idée graphique

On l'a vu dans une de mes notes précédentes, je ne fais pas (du tout) partie de ceux qui placent Steve Jobs au panthéon de l'humanité, depuis l'annonce de son décès.



Néanmoins j'apprécie la réactivité et l'inventivité du gars ou de la fille qui a créé ça :

Geekologie

Stéphane Emplois (le frère de Paul) est mort.



C’était un visionnaire.

Il a eu la vision de cubes colorés qui faisaient du bruit et clignotaient de partout quand on leur tirait sur la queue.

Le plus rigolo, c’est que ça a marché, des millions de fainéants (terme à ne pas utiliser) se sont transformés en geeks (terme beaucoup plus seyant).

Fainéants oui, mais riches ! en effet ces cubes colorés pouvaient se vendre très cher, et ils achetaient !

On leur faisait même croire que ceux qui achetaient des cubes moins colorés et beaucoup moins chers (mais avec lesquels on pouvait travailler, par contre) c’étaient des ringards.

Pire, des ignorants inféodés au grand capital tenu d’une main de fer par une multinationale sanguinaire, au nom de fenêtre.

Des gros bourrins de province incapables de comprendre l’intérêt d’un cube coloré qui clignote dans le monde du journalisme mondain ou de la mode citadine.

Peu importe que Stéphane Emplois et ses intuitions géniales aient concouru à faire bosser comme des damnés des petits chinois en dessous de l’âge légal, pendant un nombre d’heures largement au dessus du maximum légal : de toute façons, quand on est geek, on compte pas.

Maintenant on est passé du cube coloré à la plaque colorée, qui clignote pareil, abîme toujours autant de petits chinois, coûte toujours aussi cher, mais qu’est ce que c’est fun de payer quand on est riche !

Stéphane Emplois est décédé. Son frère enregistre toujours plus d’adhérents dans son entreprise a but humanitaire, ceux qui n’ont pas trouvé de boulot, ceux qui n’habitent pas la Chine, ont l’audace de vouloir travailler moins que des damnés, et sont trop vieux pour accepter les coups de trique.

Oui, c’était un visionnaire, il a réellement changé le monde. Pour certains riches geeks, il l’a changé en bien oui…

Paix à son âme.

mercredi 5 octobre 2011

La classe

Je l'avais enregistré et il somnolait dans un coin de mon DDmultimedia...

Je remettais chaque jour au lendemain (oui c'est ça je procrastinais quotidiennement) son visionnage.

J'avais en mémoire ces innombrables polars asiatiques, moitié lourds, moitié naifs, et moitié mal filmés qui échouent parfois sur les chaines occidentales.

Vraiment, "Internal Affairs" a failli passer à la trappe sans être regardé.

Ignorant obtus que je suis !

Ce film est une merveille, que ce soit par le jeu des acteurs, le rythme du scénario, les astuces et les rebondissements, la fin sublime .

Ce remake des"infiltrés" de Scorcese l'écrase haut la main de sa densité et son rythme .

Un film a voir absolument si l'on se veut cinéphile.

samedi 1 octobre 2011

Top 14 : classement après la 6° journée

Défaite de Clermont à Toulouse, du coup les 3 premiers du classement (Toulouse, Castres, et Clermont) commencent à creuser l'écart avec 5 victoires sur 6 matchs, chacun.

Castres, toujours discret, mais irréprochable.

Vivement le bon vieux temps.

En ce temps là, le rugby était un sport méprisé par les média, par les journalistes, et par la majorité des gens.

Seules quelques communautés, au parfum encore rural de cèpe et de palombes, célébraient chaque dimanche, avant, pendant et après la rencontre, le bonheur de vivre ensemble une parenthèse hebdomadaire de plaisir.

Quelques bouillants clubs d’étudiants, en excès de testostérone, venaient défier les campagnes, ou se défiaient entre eux, histoire de construire des hommes, au soleil du sud-ouest.

La vie, quoi…

Bien sûr, d’autres, plus au nord, dans des iles pâles et brumeuses, revendiquaient, avec le révisionnisme qu’ils savent si bien pratiquer pour modeler l’histoire à leur convenance, la paternité de ce sport.

On leur en aurait laissé une part, autour d’un verre de vin, s’ils n’en avaient voulu le monopole fructueux.

Pour régler cette affaire si délicate, tous les ans, on allait les voir, ils venaient nous voir…

Des fois ils gagnaient, des fois on gagnait… en fait, peu importe !

A l’autre bout du monde, bizarrement, la bouture prenait, et des colons rustiques et austères inventaient, en symbiose avec les peuples qu’ils avaient asservis, une manière de jouer à ce jeu, totale et musclée, vive et tonique.

Il leur fallait six mois, quand ils traversaient la moitié de la terre, pour venir en tournée en Europe, a bord d’antiques paquebots.

Les gazettes s’étonnaient alors de leur prestation, les vieux du coin hochaient la tête, les étudiants rêvaient.

Puis ils repartaient.



Pendant ce temps là, un cancer général rongeait le monde. Il a beaucoup de noms, capitalisme, appât du gain, faut-faire-de-l-audimat-coco, football, médiocrité, on-parle-de-valeurs-mais-on-ne-sait-même-pas-ce-que-ça-veut-dire…

Appelons le professionnalisme.

Longtemps, les docteurs ont cru que le corps social rugbystique était immunisé, tout au moins réfractaire, à ce cancer.

NON il ne l’est pas.

De petits accrocs en estafilades anodines, le rugby est mourant.

Oh on aura encore de beaux spectacles, de superbes Haka, entre deux pubs de déodorant au vétiver, des anglo-saxons bodybuildés aux stéroïdes se congratulant devant des caméras, en prenant soin de mettre en avant le logo du sponsor du moment.

On aura de superbes plateaux télés dans lequel des animateurs ignorants, sans cravate pour faire viril, tutoieront des anciens joueurs transpirant sous les spots, débattant doctement de pourquoi tel joueur n’est pas sélectionné.., et maintenant une page de pub pour une voiture que les vrais mecs barbus doivent acheter.

On aura même encore de belles finales, probablement avec Haka, entre deux marques de déodorant au vétiver, et des anglo-saxons bodybuildés aux stéroïdes se congratulant devant des caméras, en prenant soin de mettre en avant le logo du sponsor du moment.

Seuls les footeux penseront que c’est du rugby.

Ils n’y connaissent rien

Ils n’ont jamais rien compris à ce que sont les hommes.

Normal : ils n’en sont pas.



Le bon vieux temps est encore dans quelques bouquins(*), je vais en relire, donc oui, vivement le bon vieux temps.

(*) surement TF1 éditions, préfacé par Jean-Pierre Pernaud...